Bien comprendre et appréhender un problème

Bien comprendre et appréhender un problème

Publié le 13 Juillet 2020

Chaque mois, nous nous faisons accompagner sur notre pratique et notre binôme par de la supervision.

C’est Martine MAINENTI du cabinet Reflect qui nous suit.


Voici deux points qui nous plaisent particulièrement dans son accompagnement :

« Nous sommes en contact avec les environnements complexes de nos clients, et avec leurs émotions, souvent seuls face à leurs systèmes : les groupes de supervision permettent aux professionnels des organisations, managers et coachs, d’élargir leur vision, d’être en veille sur leur environnement, de rester déontologiques. »

et

« Lorsque les équipes sont confrontées à des situations complexes, toutes les compétences de l’équipe sont nécessaires à la résolution de problèmes souvent récurrents. C’est pourquoi nous favorisons la recherche de la cohésion de l’équipe. »

Martine MAINENTI


Lors de notre dernier RDV, nous avons amené le problème des 2 appels d’offres que nous avons perdus : l’accompagnement d’un projet de direction et l’appel d’offres du ministère de l’armée pour lutter contre le Covid 19.


Notre question était :

Est-ce que nous comprenons bien leur demande ?

Et son corollaire :

Est-ce que nous ne répondons pas à côté de la plaque ?

Au fil de la discussion, nous avons modélisé quelques notions que nous avons envie de partager avec vous.


La première étant : mais qu’est-ce qu’un problème ?

Qu'est-ce qu'un problème ?


La suivante : mais comment s’assurer que notre réponse prend bien en compte tous les éléments ?

Nous sommes à ce moment-là rentrées dans la notion de systèmes complexes.


Explications :

Questionner idées et intuitions dans un système complexe


Le personnage vous représente en train de réfléchir au problème auquel quelqu’un vous confronte.

La première étape est de délimiter la frontière de ce problème. Il y a plusieurs choses dans cette frontière : vous qui répondez au problème, celui qui paie et qui demande la résolution de son problème, le public qui en bénéficie, et plein d’autres personnes.

Il est intéressant de lister tous les acteurs dans cette frontière et surtout tous les enjeux entre tous les acteurs.

Objectif : veiller à l’équilibre et à l’officialisation des différents enjeux entre tous !

Souvent on imagine le contrat entre nous et le payeur, mais la réalité dans les systèmes complexes dans lesquels on interagit tous, les contrats sont souvent triangulaires de manière inconsciente et officieuse.

Et du coup, les enjeux ne sont pas forcément les mêmes et peuvent même parfois être opposés entre les différentes parties prenantes du problème !

Il est fondamental de l’appréhender et de le conscientiser pour ne pas se planter !!


L’étape suivante est de se forcer à élargir nos regards et nos croyances.

Vous allez prendre toutes les idées et intuitions que vous avez pour répondre à ce problème. Pour cela, vous pouvez utiliser un outil que nous avons développé pour un réseau de designers : de l’énergie satellitaire à l’énergie inclusive en vous plaçant dans la peau de chacun des acteurs dans la frontière.

Le premier point à valider est de savoir si nos idées et intuitions rentrent dans le cadre déontologique de notre métier et pratique.

Le point suivant est de savoir si elles sont pédagogiques, c’est-à-dire suffisamment expliquées et explicables.

Le troisième et dernier point est de s’interroger sur leur capacité à nous rapporter de l’argent : peut-on en vivre correctement ou pas, quels sont les coûts associés, combien cela va-t-il rapporter, etc. ?!!


C’est ce chemin qui va définir notre démarche et notre posture.

C’est ce chemin qui nous amène à des objectifs précis de résolution des problèmes pour lesquels nous avons été appelé.

Pour lister ces objectifs, il va falloir maintenant accompagner nos interlocuteurs à formuler clairement leur demande.

Martine nous a fait découvrir pour cela la grille RPBDC élaborée par Vincent Lenhardt. Nous vous l’avons retranscrite telle que ici :

Grille RPBDC


Une fois que tout cela est fait, pour ne pas s’enfermer dans l’entre-soi, faire émerger des phénomènes de bouc-émissaire, etc., il est important de passer par la passoire des contradictions.

Cette passoire va nous permettre de penser les contradictions et de s’interroger pour chacune des idées et intuitions sur ses impacts positifs et ses impacts dommageables.

Une fois les impacts conscientisés, des solutions hybrides peuvent être apportées.

C’est seulement une fois son travail fait que l’on peut contractualiser et écrire une stratégie de résolution du problème.

Tout ce chemin nous amène à questionner nos idées et nos intuitions aux regards des systèmes complexes. Nous partons d’un problème simple vers des solutions complexes.


On a hâte d’être en septembre pour reprendre nos séances après la pause de cet été !


Dans l’étape 36 de notre livre « Réussir un projet collaboratif », nous parlons de l’importance d’être accompagné. Nous ne voulions pas reproduire le proverbe bien connu des cordonniers les plus mal chaussés, et nous nous félicitons tous les jours d’avoir sauté le pas pour nous-mêmes !


Merci Martine pour ton accompagnement !